Etre pauvre sous Merkel “Mini-jobs”, c'est le fameux modèle Allemand qu'on veut vendre au français!

Publié le 19 Septembre 2017

Travail précaire, douze ans après les réformes qui ont flexibilisé le marché du travail, le pays le plus riche d’Europe compte, aussi, de plus en plus de personnes en grande difficulté. Lire le reportage du nouvel obs. 

Moi, pauvre ? » Ulrich Arenz est stupéfait. « C’est une insulte, vous savez. » On l’a blessé. On est désolé. Il nous tourne le dos et tend un paquet de saucisses sous vide à une petite dame au regard fuyant. Ulrich est bénévole dans une banque alimentaire à Essen, dans la vallée de la Ruhr, qui récupère les invendus des supermarchés et les redistribue aux 3 500 personnes qui viennent chaque semaine. C’est sa manière de se rendre utile. Mais aussi de se mentir à lui-même. De faire semblant de croire qu’il est encore du bon côté. Pourtant, il n’est pas plus riche que tous ceux qui font la queue devant lui. Des chômeurs, des actifs qui ne gagnent pas assez d’argent pour en vivre, des petites retraites. « Ce sont les perdants du système allemand », explique Jörg Sartor, le directeur de la banque alimentaire. Ulrich en fait partie. Il a 58 ans et vit avec 709 euros par mois : 409 euros d’allocation chômage et 300 euros d’aide pour son loyer. Il est ce qu’on appelle un « Hartz IV ». Ce vilain mot désigne l’allocation née de la fusion des aides sociales et des indemnités des chômeurs longue durée. Au fil du temps, il a remplacé dans l’allemand courant le terme de « pauvre », devenu un tabou. Il est apparu avec la panoplie de réformes de l’Agenda 2010 que l’ancien chancelier social-démocrate Gerhard Schröder a mises en œuvre entre 2003 et 2005 pour flexibiliser le marché du travail. Il a ses partisans, convaincus que ces lois sont la clé du succès économique teuton ; et ses détracteurs, qui jugent qu’elles ont légalisé la pauvreté. Douze ans après la révolution Schröder, cette « Allemagne qui a formidablement réformé  », comme l’a salué cet été Emmanuel Macron, va bien, même très bien. Elle nargue ses voisins européens avec sa croissance à 1,9% et son taux de chômage à 5,6%. Mais, revers de la médaille, elle compte de plus en plus de pauvres. 16% des Allemands sont considérés comme tels, un score inégalé depuis la réunification, contre 14% en France. Même le Fonds monétaire international s’alarme, dans son rapport 2017, de « la lente augmentation générale du risque de pauvreté relative » au pays d’Angela Merkel. Etre pauvre outre-Rhin, c’est gagner moins de 950 euros par mois, soit 60% du revenu médian national. Un seuil élevé. Mais
 l’Allemagne est un pays riche. Les chômeurs comme Ulrich sont particulièrement exposés. 70% des Allemands sans emploi sont pauvres, contre 45% pour la moyenne européenne. Parce que Gerhard Schröder estimait qu’il n’y avait pas « de droit à la paresse dans notre société », il avait serré les cordons de la bourse. Un chômeur ne touche plus que 409 euros mensuels après un an sans emploi, sans considération pour ses années de travail ni son ancien salaire . Et s’il possède des économies, une assurance-vie, une maison, il doit d’abord puiser dans ses réserves avant d’espérer recevoir quoi que ce soit. « Si tu perds ton travail
 et que tu n’en retrouves pas d’autre, tu perds tout », résume le sociologue Franz Lehner. Quelque six millions d’Allemands touchent l’allocation Hartz IV . L’un des meilleurs postes d’observation de cette
 Allemagne sacrifiée se trouve dans la vallée de
 la Ruhr, où le taux de pauvreté grimpe...lire la suite 

Rédigé par Actarus

Publié dans #Allemagne

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